[c=#ff0022]« Intensité. Drame. Emotion. Couleurs. Obscurité. Mélodies. Rage. Honnêteté. Nouveauté. Tout ça et bien plus encore. » Selon Corey Taylor, chanteur-leader de Stone Sour, ce sont toutes ces choses qui définissent le deuxième album du groupe, « Come What(ever) May ». Ce nouvel album de Stone Sour (qui n'avait rien sorti depuis quatre ans) nous fait retrouver un groupe en pleine forme et prêt à reconquérir l'attention et le c½ur du public rock 'n roll.
Le premier album éponyme de Stone Sour a été nominé deux fois aux Grammy Awards (équivalent US des Victoires de la Musique) et est certifié disque d'or aux Etats-Unis. C'est un album éclectique, propulsé sur le devant de la scène grâce à des tournées incessantes, à l'imparable single « Bother » et à l'accumulation des titres metal rythmés et mélodiques qui composent cet album. En 2002 et 2003, Stone Sour s'est imposé comme un vrai phénomène hard rock grâce à ses diverses facettes.
Bien que Corey Taylor soit l'une des figures les plus connues et reconnues de la musique rock de par son appartenance en tant que frontman au groupe multiplatine Slipknot, Stone Sour est tout sauf un projet parallèle. C'est un groupe à plein temps que tous les membres défendent férocement. Corey a passé le plus gros des années 2004 et 2005 avec son autre groupe, mais passera la majorité de 2006 et 2007 à se concentrer sur Stone Sour et « Come What(ever) May ». Composé également de James Root (guitare, lui aussi dans Slipknot), Shawn Economaki (basse), Josh Rand (guitare) et du batteur nouvellement intégré au groupe Roy Mayorga, Stone Sour est plus que prêt à défendre un album qui surpasse son prédécesseur en tous points. Le groupe a eu plus de temps pour peaufiner les différents morceaux et cela se ressent. L'album, produit par Nick Raskulinecz (Foo Fighters, Velvet Revolver), est homogène, tranchant et composé autant de morceaux metal que de titres mélodiques.
« Avec Stone Sour, je me lâche et montre plus de moi-même », révèle Corey. « Lorsque les fans entendront ce nouvel album, ils verront qu'il est différent de tout ce que nous avons pu faire auparavant. Il me donne l'opportunité de chanter comme j'aime le faire, comme quand je suis chez moi. » Corey Taylor peut bien être le porte-parole du groupe, étant d'après lui suffisamment extraverti pour ce rôle, mais il insiste sur le fait que c'est vraiment un groupe et cela le réjouit. « J'ai la possibilité de me mettre en retrait si besoin. Tu grandis en te disant qu'être reconnu tout le temps ça doit être super, mais parfois tu souhaites juste être un gars normal. Je pense que j'arrive bien à équilibrer, sans tuer personne. »
Josh Rand, qui courait entre 4 et 8 kilomètres par jour pendant l'enregistrement de l'album pour se vider la tête avant d'entrer dans l'atmosphère hautement créatrice du studio, pense que la diversité de « Come What(ever) May », avec la participation en guests de Rami Jaffee des Wallflowers et du batteur de Godsmack, Shannon Larkin, est ce qui plaira aux fans. « Les titres de cet album pourront plaire quel que soit l'humeur dans laquelle on est », dit le guitariste. « Si tu as eu une journée pourrie au bureau, tu peux mettre « Hell And Consequences » à fond. Si tu as besoin d'un peu d'optimisme, tu peux écouter « Through Glass ». Si tu es déprimé tu peux écouter « Zzyzx Road ». « Come What(ever) May » est une réelle expérience sensorielle, renfermant un large spectre d'émotions. « 30/30-150 » et « Reborn » sont des titres puissants, tandis que le premier single, « Through Glass », incruste son inoubliable mélodie et son refrain dans les mémoires. Essayer de ne pas se souvenir des mélodies contenues dans « Come What(ever) May » mène irrémédiablement à l'échec. Corey acquiesce: « Il y a tellement de groupes qui se cantonnent à un seul style de nos jours. Aucun groupe ne mélange les genres avec succès. S'ils le font c'est plat et mou. Notre album a une dynamique. Ce qui est cool c'est que quand on compose, ça sonne bien, qu'on le veuille ou non. » Et il n'a pas tort. Créer de belles mélodies et les mixer à la sauce metal est définitivement quelque chose que Stone Sour sait faire mieux que personne.
Jim Root, qui prétend que c'est « la vie » qui a principalement influencé cet album et qui admet avoir consommé des litres de café pendant l'enregistrement, voit « Come What(ever) May » comme une évolution nécessaire au son du groupe. « Nous élevons chaque aspect de notre musique. En tant qu'artiste, quoi que tu fasses, tu te dois d'évoluer. C'est très important à mes yeux. Certaines personnes ont peur du changement. Pour ma part, je l'intègre rapidement. Cet album est mon état des lieux musical et spirituel. La vie et la musique sont des apprentissages. J'essaie de m'améliorer dans tout ce que je fais. Là avec le recul je peux dire que j'ai réussi. »
Corey admet qu'au fur et à mesure des années, il sera de moins en moins compris et cela ne le dérange pas, au contraire. « Je me suis pas mal torturé sur le fait que les gens ne comprennent pas ce que je fais et comment je le fais. Je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour amuser, éduquer et remuer l'ordre établi. Si j'arrive à donner un mal de crâne au grand public une fois de temps en temps, ça me va. » C'est précisément cette attitude qui attire autant la jeunesse désabusée ou l'anti-conservateur que le fan de rock vers Stone Sour. « J'ai une conscience », confie Corey à propose de ses compositions. « J'ai un certain respect pour la musique et je ne fais pas les choses n'importe comment. Tout pourrait se terminer demain. Si tu ne fais qu'essayer de construire une apparence, qu'est-ce que tu feras quand plus personne ne voudra te voir ? Au moins je serai content de la musique que j'aurais fait. »